Une accidentologie concentrée dans le secteur de la pêche
Sur les 339 accidents impliquant des lésions traumatiques à la tête répertoriés entre 2016 et 2020, la majorité concerne le secteur des pêches maritimes (54 %), suivi du commerce (37 %) et des cultures marines (8 %). Ce poids du secteur de la pêche s'explique notamment par les conditions de travail à bord des chalutiers, où le risque d'être frappé ou coincé par des équipements de pêche est omniprésent.
Les accidents à la tête dans la pêche entraînent des arrêts de travail particulièrement longs, avec une moyenne de 81 jours par incident, contre 67 jours dans le commerce et 24 jours dans les cultures marines. Par ailleurs, les lésions graves, telles que les fractures du crâne ou les traumatismes intracrâniens, bien que moins fréquentes, engendrent des arrêts bien plus prolongés (plus de 130 jours en moyenne) et des coûts élevés pour l'Enim, pouvant dépasser 5 000 euros par cas.
Les circonstances et profils des accidents
Une analyse qualitative des accidents révèle que la plupart des blessures graves résultent de situations impliquant des engins de traction ou de levage, comme des câbles, des chaînes ou des appareils de manœuvre, en particulier dans le secteur de la pêche. Près de 41 % des accidents graves sont liés à des marins frappés ou coincés par des objets ou équipements en mouvement, accentuant le besoin de mesures préventives adaptées.
Dans le secteur du commerce, les accidents surviennent fréquemment lors des opérations de maintenance ou des déplacements à bord des navires. Les marins se heurtent souvent à des structures, ce qui souligne l'importance d'un environnement de travail sécurisé et signalé.
Mesures de prévention collective
La réduction des accidents à la tête repose d'abord sur des protections collectives. Pour les pêcheurs, cela passe par l'installation de dispositifs techniques comme des câbles de retenue pour sécuriser les engins de pêche ou l'ajout de caméras et interphones pour améliorer la visibilité et la communication lors des manœuvres.
Dans le secteur du commerce, les mesures visent à sécuriser les opérations de manutention, par exemple en marquant la charge maximale utile (CMU) des équipements de levage ou en arrimant correctement les charges. Des solutions simples, comme l'installation de renforts en mousse sur les structures à angles vifs, permettent de réduire les chocs lors des déplacements.
L'importance de la protection individuelle
Lorsque les protections collectives ne suffisent pas à éliminer les risques, le recours aux équipements de protection individuelle (EPI) devient essentiel. Les marins doivent disposer de casques adaptés aux risques spécifiques de leur poste, qu'il s'agisse de chutes d'objets, de collisions avec des équipements en mouvement ou de risques liés aux déplacements.
Cependant, l'étude souligne qu'aucun casque universel ne peut répondre à toutes les situations rencontrées à bord. Il est donc impératif pour les armateurs de bien analyser les risques et de choisir des EPI conformes aux normes en vigueur, tout en les adaptant aux besoins des marins.
Prévention et sensibilisation : des enjeux essentiels
La mise en place d'un Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est un point de départ crucial pour identifier et réduire les risques à bord des navires. Ce document, complété par un plan d'actions, doit privilégier la suppression des dangers avant de recourir à des équipements de protection.
Enfin, la sensibilisation des marins aux bonnes pratiques et le suivi rigoureux des règles de sécurité sont essentiels pour diminuer la fréquence et la gravité des accidents à la tête.
Une priorité pour l'avenir
Les accidents du travail touchant la tête, bien que peu fréquents, ont des répercussions majeures sur la santé des marins et les performances des entreprises maritimes. Renforcer la prévention, tant par des mesures collectives qu'individuelles, est une nécessité pour garantir un environnement de travail plus sûr dans ce secteur exigeant.