La filière pêche : un secteur qui recrute, forme et valorise les compétences maritimes

© Maxime Leriche

Méconnue du grand public, la pêche professionnelle est pourtant un vivier d'emplois à forte valeur ajoutée. En manque de main-d'oeuvre, le secteur propose des formations dès la classe de 3e, des perspectives d'évolution rapides et des carrières durables. Matelots, mécaniciens, capitaines : les besoins sont partout.

Des formations dès la 3e pour embarquer rapidement

Le premier niveau d'entrée dans la profession passe par le CAP Maritime, accessible dès la fin du collège. En deux ans, cette formation permet de devenir matelot sur tout type de navire de pêche. Dispensée dans les 12 lycées professionnels maritimes (LPMA) en France, elle peut aussi être suivie par la voie de l'apprentissage, notamment à Boulogne-sur-Mer, à l'île d'Yeu ou aux Sables d'Olonne. Ce diplôme ouvre directement les portes de l'embarquement, mais offre aussi des possibilités de poursuite d'études vers les baccalauréats professionnels spécialisés.

Des bacs pros pour gagner en responsabilité à bord

Les baccalauréats professionnels du maritime permettent une montée en compétence vers les fonctions d'encadrement ou techniques. Le Bac Pro CGEM (Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes) option pêche, donne accès après 6 mois de navigation au brevet de capitaine 200 pêche, puis à ceux de lieutenant et de patron de pêche, à mesure de l'expérience acquise. Il donne aussi accès au brevet de mécanicien 250 kW. Le Bac Pro Électromécanicien Marine (EMM) est, quant à lui, orienté vers les fonctions machines, avec la possibilité d'atteindre les brevets de mécanicien jusqu'à 750 kW. Enfin, le Bac Pro Polyvalent (pont/machine) combine les deux dimensions, ouvrant à la fois les voies de la passerelle et de la salle des machines.

Des BTS pour aller plus loin et préparer les brevets d'officier

Pour ceux qui poursuivent après le bac, plusieurs BTS maritimes permettent d'approfondir les compétences et de viser les plus hauts niveaux de responsabilité. Le BTS Pêche et Gestion de l'Environnement Marin (PGEM) forme à une approche durable et scientifique de la pêche. Il est accessible avec un bac pro maritime ou un bac général (avec année de mise à niveau), et peut déboucher sur une entrée à l'École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) pour préparer le brevet de capitaine de pêche. Autre voie d'excellence, le BTS Mécatronique Navale prépare aux fonctions de technicien supérieur sur tous les systèmes embarqués. Il donne accès au brevet d'officier chef de quart machine (OCQM) et à une poursuite d'études à l'ENSM. Enfin, le BTS MASEN (Maintenance des Systèmes Électro-Navals), dispensé à Fécamp et Saint-Malo, forme aux fonctions de mécanicien supérieur jusqu'à 8 000 kW. Une année de mise à niveau est proposée pour les titulaires de bacs généraux.

Un secteur qui valorise la progression et l'engagement

Au-delà des diplômes, c'est la progression à bord qui fait la richesse des carrières dans la pêche. Avec l'expérience, un matelot peut devenir chef de quart, capitaine ou chef mécanicien. Les brevets s'obtiennent par des formations continues et des temps de navigation validés. Le secteur offre aussi une grande variété de navires et de types de pêche, du côtier à la grande pêche, en passant par les flottilles artisanales. Les compétences techniques, la capacité à travailler en équipe, la connaissance de la mer et des équipements font des marins des professionnels complets, très recherchés.

Dans un contexte de renouvellement des équipages et de modernisation des navires, la filière maritime professionnelle offre une réponse concrète à l'emploi des jeunes, avec des postes durables, bien rémunérés et porteurs de sens. Pour celles et ceux qui veulent apprendre, s'engager et progresser, c'est une aventure humaine et professionnelle à vivre pleinement.

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