Publié en octobre 2026, le bilan annuel du commerce extérieur des produits de la pêche et de l'aquaculture de FranceAgriMer dresse un état des lieux des échanges français en 2025. Réalisée à partir des statistiques douanières, cette étude analyse l'évolution des importations et des exportations en volume et en valeur, ainsi que les soldes commerciaux par grandes familles de produits et par espèces. Elle détaille également les principaux pays fournisseurs et marchés de destination, tout en replaçant les résultats dans une perspective historique. Pour les professionnels de la pêche, de l'aquaculture, du mareyage et de la transformation, ce document constitue un outil de référence pour comprendre la structure des approvisionnements, les débouchés internationaux et les déséquilibres commerciaux de la filière française des produits aquatiques.
Un déficit commercial presque inchangé malgré la progression des exportations
La France a importé pour 7,22 milliards d'euros de produits aquatiques en 2025, contre 7,16 milliards en 2024. Dans le même temps, ses exportations sont passées de 2,23 à 2,29 milliards d'euros. Le déficit commercial s'établit ainsi à 4,92 milliards d'euros, contre 4,93 milliards un an auparavant, selon les données arrondies publiées par FranceAgriMer.

Cette évolution traduit une amélioration limitée du solde, plutôt qu'un changement dans la structure des échanges. Les importations représentent toujours plus de trois fois la valeur des exportations.
Les volumes confirment l'ampleur de cet écart. En 2025, la France a importé 1,239 million de tonnes de produits aquatiques en poids net, contre 1,224 million en 2024. Les exportations atteignent 379 000 tonnes, après 361 000 tonnes l'année précédente.
La hausse est donc plus rapide à l'exportation, avec environ 5 % de progression en volume, contre 1,2 % pour les importations. Elle ne suffit cependant pas à modifier sensiblement le déséquilibre global.
Le solde physique des échanges reste négatif de 860 000 tonnes en 2025, contre 863 000 tonnes en 2024.
Ces données décrivent une filière insérée dans des échanges internationaux importants, aussi bien pour l'approvisionnement du marché français que pour la commercialisation à l'étranger.
Elles ne permettent toutefois pas de mesurer directement l'autonomie alimentaire du pays. Le déficit douanier ne correspond pas à la différence entre la production française et la consommation nationale : il intègre également des produits transformés, des matières premières importées puis réexportées et des marchandises relevant de circuits commerciaux distincts.
Le saumon représente plus d'un quart du déficit en valeur
La contribution des différentes espèces au commerce extérieur français est très inégale.
Le saumon occupe une place particulière. En 2025, les importations françaises de saumon, toutes présentations confondues, représentent 192 293 tonnes pour une valeur de 1,662 milliard d'euros.
Les exportations atteignent de leur côté 35 300 tonnes et 351 millions d'euros.
Le solde commercial du saumon est donc négatif de 1,311 milliard d'euros. Rapporté au déficit global des produits aquatiques, il en représente environ 26,6 % en valeur.
Cette proportion souligne le poids économique d'une seule catégorie de poissons dans les achats français à l'étranger.
Les données détaillées permettent également de distinguer les formes de commercialisation. Pour les saumons frais ou réfrigérés, entiers ou éviscérés, les importations atteignent 135 062 tonnes et un peu plus d'un milliard d'euros.
Dans cette catégorie précise, la Norvège fournit 69 635 tonnes, pour 496 millions d'euros, et le Royaume-Uni 52 218 tonnes, pour 401 millions d'euros.
Ces deux partenaires occupent donc une place importante dans l'approvisionnement français en saumons frais entiers ou éviscérés.
Pour les mareyeurs, grossistes et transformateurs, cette configuration illustre l'importance des flux internationaux dans la disponibilité de certaines matières premières.
Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à une concentration excessive des fournisseurs ou à un risque de rupture d'approvisionnement. Une telle évaluation nécessiterait de connaître les entreprises concernées, leurs contrats, leurs capacités de substitution et leurs politiques de stockage.
Le bilan permet néanmoins d'identifier les catégories de produits pour lesquelles les évolutions des marchés extérieurs sont susceptibles d'avoir des conséquences directes sur les conditions d'achat des opérateurs français.
Des importations qui couvrent des espèces et des usages différents
La structure des importations françaises ne se résume pas au saumon.
Selon FranceAgriMer, les poissons de mer représentent 49 % des volumes importés en 2025, sur le périmètre des principales catégories de produits hors farines, huiles et poissons d'ornement.
Les poissons amphibiotiques et d'eau douce, catégorie comprenant notamment le saumon et la truite, représentent 21 % des volumes. Les crustacés comptent pour 16 %, les coquillages et autres mollusques pour 7 %, les céphalopodes pour 4 % et les autres produits aquatiques pour 3 %.
La répartition change lorsque les échanges sont examinés en valeur.
Les poissons de mer représentent alors 43 % des importations, contre 26 % pour les poissons amphibiotiques et d'eau douce et 19 % pour les crustacés.
Ces différences tiennent à la composition des catégories, aux espèces échangées et à leur présentation commerciale. Un kilogramme de poisson entier, de filet ou de produit préparé ne correspond pas au même niveau de transformation ni nécessairement au même prix.
Pour les professionnels, cette distinction est essentielle. La valeur des importations renseigne sur le poids économique des achats, tandis que les volumes permettent d'apprécier l'importance physique des flux.
Les deux indicateurs doivent être examinés conjointement pour comprendre la place des différentes familles de produits dans les circuits d'approvisionnement.
Ils ne permettent cependant pas de déterminer les marges réalisées par les importateurs, les mareyeurs ou les transformateurs. Les valeurs douanières ne comprennent pas l'ensemble des coûts supportés jusqu'à la commercialisation finale.
Les exportations françaises progressent, mais leur structure reste différente
En 2025, les exportations françaises de produits aquatiques atteignent 379 000 tonnes en poids net, soit environ 18 000 tonnes supplémentaires par rapport à 2024.
En valeur, elles progressent d'environ 60 millions d'euros pour atteindre 2,29 milliards d'euros.
Cette évolution positive doit être replacée dans la composition des ventes extérieures.
Les poissons de mer représentent 43 % des volumes exportés sur le périmètre des principales catégories étudiées par FranceAgriMer, hors farines, huiles et poissons d'ornement. Les coquillages et autres mollusques en représentent 18 %, les poissons amphibiotiques et d'eau douce 16 %, les crustacés 12 %, les céphalopodes 8 % et les autres produits aquatiques 3 %.
En valeur, les poissons de mer représentent 34 % des exportations. Les poissons amphibiotiques et d'eau douce atteignent 20 %, les crustacés 19 %, les coquillages et autres mollusques 15 % et les céphalopodes 9 %.
Cette répartition montre que le poids commercial d'une catégorie ne dépend pas uniquement de son tonnage.
La différence entre la part en volume et la part en valeur des crustacés constitue notamment un indicateur de leur valorisation moyenne relative dans les échanges.
Pour autant, une part élevée en valeur ne signifie pas automatiquement une meilleure rentabilité pour les entreprises françaises.
Le résultat économique dépend aussi des coûts de production, de transformation, de transport, de commercialisation et des conditions contractuelles.
Autre précaution : les exportations enregistrées par les douanes ne correspondent pas nécessairement à des produits issus de la pêche ou de l'aquaculture françaises. Elles peuvent inclure des marchandises importées puis transformées ou réexportées.
Cette distinction est indispensable pour évaluer la contribution réelle des activités de production nationales aux performances commerciales.
Les prix moyens à l'exportation ne mesurent pas directement la création de valeur
L'évolution des prix moyens apporte un éclairage complémentaire.
En 2025, la valeur moyenne des produits aquatiques importés s'établit à 5,82 euros par kilogramme, en euros constants 2025, contre 5,89 euros en 2024.
À l'exportation, elle atteint 6,05 euros par kilogramme, contre 6,21 euros un an auparavant.
Ces indicateurs, calculés sur l'ensemble des produits concernés, montrent une diminution des valeurs unitaires moyennes des deux flux.
Il serait cependant incorrect d'en déduire que les prix de toutes les espèces ont baissé ou que les entreprises françaises ont perdu de leur capacité de valorisation.
Une valeur unitaire moyenne dépend à la fois des prix pratiqués et de la composition des marchandises échangées. Une augmentation de la proportion de produits moins chers peut réduire la moyenne sans modification du prix de chaque référence.
Les écarts entre importations et exportations doivent être interprétés avec la même prudence.
En 2025, la valeur moyenne par kilogramme exporté est supérieure à celle des produits importés. Cette différence ne démontre pas que la filière française réalise une marge commerciale positive sur la transformation ou la réexportation.
Les produits concernés ne sont pas nécessairement identiques et les statistiques ne retracent pas les coûts supportés entre l'entrée et la sortie des marchandises.
Pour apprécier la création de valeur, il faudrait compléter ces données par des indicateurs industriels : chiffre d'affaires de transformation, valeur ajoutée, coûts de matières premières, charges énergétiques et résultats d'exploitation.
Le commerce extérieur constitue ainsi un outil d'observation des marchés, mais pas une mesure directe de la performance financière des entreprises.
Une série longue qui confirme la persistance du déséquilibre
Le bilan FranceAgriMer permet enfin de replacer l'année 2025 dans une perspective historique.
En 2015, les importations françaises de produits aquatiques représentaient 5,28 milliards d'euros courants et les exportations 1,49 milliard. Le déficit atteignait alors 3,80 milliards d'euros.
Dix ans plus tard, le solde négatif s'établit à 4,92 milliards d'euros.
La comparaison en euros courants montre une augmentation du déficit nominal sur cette période. Elle ne doit toutefois pas être interprétée comme une évolution exclusivement liée aux volumes ou aux prix des espèces.
FranceAgriMer fournit également des séries en euros constants, permettant de tenir compte de l'évolution générale des prix.
En euros constants 2025, le déficit était de 3,82 milliards d'euros en 2015, contre 4,92 milliards en 2025.
La série présente par ailleurs des changements de périmètre qu'il convient de respecter, notamment un élargissement des produits étudiés en 2023 avec rétropolation des données jusqu'en 2000.
L'année 2022 constitue un autre point de comparaison : le déficit atteignait alors 5,63 milliards d'euros courants, avant de revenir à 5,06 milliards en 2023, puis 4,93 milliards en 2024.
La stabilisation observée en 2025 intervient donc après une réduction du déficit par rapport au niveau de 2022, sans effacer le déséquilibre accumulé sur la longue période.













