Filière pêche en France : ports, navires, zones de pêche et métiers à la loupe

© Maxime Leriche

Avec 5 500 km de littoral, la France dispose d'une des plus grandes façades maritimes d'Europe. La filière pêche, entre diversité des métiers et ancrage territorial, occupe une place centrale. Métropole et outre-mer partagent une même vocation maritime, mais des réalités bien distinctes.

Une flotte diversifiée au service d'un littoral de 5 500 km

En France métropolitaine, le secteur de la pêche repose sur une flotte de plus de 4 400 navires, en grande majorité de moins de 12 mètres. Cette flotte fait de la France la sixième nation halieutique de l'Union européenne.

La diversité est l'un des traits dominants de la pêche française : ligneurs, chalutiers, senneurs, bolincheurs ou palangriers interviennent sur des cycles de marée très variés, allant de quelques heures à plusieurs semaines.

Quatre grandes catégories définissent la durée d'activité en mer :

  • La petite pêche : marées de moins de 24 heures
  • La pêche côtière : 1 à 4 jours
  • La pêche au large : entre 4 et 20 jours
  • La grande pêche : plus de 20 jours, souvent dans les zones extraterritoriales

Une présence portuaire structurante pour les territoires

La filière pêche compte aujourd'hui en métropole :

  • 60 ports de pêche actifs
  • 37 halles à marée
  • 12 organisations de producteurs

Au-delà de leur rôle économique, ces installations jouent un rôle clé dans l'aménagement du territoire, l'emploi local et la structuration des filières courtes.

Des zones de pêche réparties sur plusieurs océans

Les navires français pêchent bien au-delà des eaux territoriales. Les principales zones d'activité s'étendent :

  • Autour des côtes françaises (Manche, Atlantique, Méditerranée)
  • Au large de l'Écosse, de l'Irlande et de l'Islande
  • Dans le golfe de Guinée, l'océan Indien, l'Antarctique

La grande pêche, opérée par des unités surgélatrices ou thoniers senneurs tropicaux, concerne notamment la légine australe ou le thon (albacore, obèse, listao). La flotte de thoniers senneurs français est actuellement composée de 17 unités pour une capture annuelle dépassant les 100 000 tonnes.

Outre-mer : des réalités distinctes mais un rôle stratégique

Dans les départements d'outre-mer (DOM), la flotte comptait en 2017 environ 3 438 navires. Le nombre de marins embarqués atteignait 3 031, principalement répartis entre la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion.

Les comités des pêches y remplissent également un rôle de représentation et de régulation. À la différence des comités métropolitains, ceux des DOM intègrent des représentants de la pêche de loisir (sans pouvoir délibératif) et de l'aval de la filière.

Leur rôle s'étend également à des fonctions de centre technique industriel (CTI), avec une mission d'expertise sur la pêche de loisir ou les spécificités locales.

La pêche à pied professionnelle : un métier ancré dans le littoral

Reconnu officiellement depuis 2001, ce métier concerne environ 1 300 personnes en France. Il consiste à collecter à pied, sans appareillage respiratoire, des espèces marines sur le domaine public maritime et les zones d'eaux salées (estuaires, baies, étangs).

Les principales espèces récoltées sont :

  • Coques, palourdes, tellines
  • Moules, huîtres, crustacés
  • Poissons, vers marins, végétaux

Les gisements les plus importants se situent notamment en Baie de Somme, dans le golfe du Morbihan, ou le bassin d'Arcachon. Cette activité peut être principale ou complémentaire d'une autre (pêche embarquée, conchyliculture).

Exposée à de fortes variabilités environnementales (température, salinité, pluviométrie), elle reste fragile et nécessite un suivi renforcé des stocks et des conditions sanitaires.

Une filière entre tradition, gestion durable et enjeux économiques

La filière pêche française reflète une diversité rare en Europe, autant par la multiplicité des zones que par la richesse des pratiques. Si elle doit faire face à des défis structurels (ressources, régulation européenne, changement climatique), elle conserve un fort ancrage territorial.

Son avenir repose sur la modernisation des flottes, la valorisation des produits, l'organisation interprofessionnelle et l'intégration des préoccupations environnementales dans la gestion des ressources.

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