Avec plus de 330 exposants et près de 6 000 visiteurs professionnels, Euromaritime 2026 confirme sa place de rendez vous structurant pour l'industrie maritime et navale française et européenne. Pendant trois jours, le salon a servi de caisse de résonance aux transformations en cours, dans un contexte climatique et géopolitique tendu.
Le Comité stratégique de filière en première ligne
La journée du jeudi a été marquée par la réunion du Comité stratégique de filière des industries de la mer, en présence de Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, et de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie.
La ministre a annoncé l'inscription au budget 2026 d'un fléchage des recettes issues de l'ETS maritime, représentant une enveloppe de 70 millions d'euros destinée à accélérer la décarbonation du transport et des industries maritimes. Cette orientation s'inscrit dans une stratégie assumée de soutien aux armateurs, aux industriels et aux ports, avec le lancement prochain d'un appel à projets dédié.
Les échanges ont également porté sur la souveraineté industrielle et la préférence européenne dans les investissements, ainsi que sur l'attractivité des métiers maritimes, notamment auprès des jeunes générations.
France 2030 et CORIMER, premières concrétisations
Le salon a été l'occasion de dévoiler les trois premiers lauréats du dispositif CORIMER, Navires bas carbone, inscrit dans le cadre de France 2030. Ce programme vise à soutenir le développement de solutions innovantes pour réduire les émissions du transport maritime.
Parmi les projets retenus, AWAKE, porté par Beyond the Sea avec Zelin, Madintec et IMS, repose sur un système de traction vélique par kite automatisé et modulaire. ECO SUITE, développé par Spinergie, se concentre sur l'efficacité énergétique des opérations offshore. SYROCO LIVE NEXT GEN, porté par Syroco, propose une plateforme de routage dynamique visant à optimiser les trajectoires et limiter les consommations.
Ces annonces illustrent une volonté de passer à des solutions opérationnelles, avec des applications industrielles clairement identifiées.
Sécurité maritime et action de l'État en mer
La journée du 4 février 2026 a mis en avant les enjeux liés à l'action de l'État en mer. Le Secrétaire général de la mer a réuni les représentants d'une dizaine de pays des rives nord et sud de la Méditerranée.
Les échanges ont porté sur la coopération internationale, la sécurité maritime, le partage d'informations entre États et gardes côtes, ainsi que sur la surveillance des infrastructures critiques et des flottes à risques. Dans un contexte de tensions géopolitiques, les intervenants ont souligné la nécessité de disposer de données fiables, hiérarchisées et directement exploitables, et ont évoqué la perspective d'une meilleure coordination européenne autour d'un guichet unique de la donnée maritime.
Les Euromaritime Awards, une première en 2026
Nouveauté de cette édition, les Euromaritime Awards ont récompensé cinq entreprises parmi 35 candidatures. Le jury, composé d'experts du secteur, a distingué des projets couvrant un large spectre des enjeux maritimes.
Clauger a été récompensée pour son diagnostic énergétique embarqué dans la catégorie transition énergétique maritime. Subsea Tech a reçu le prix de l'innovation maritime pour SeaCAT, un système d'inspection d'éoliennes en mer sans opérateur. WATTALPS a été distinguée pour sa batterie haute performance refroidie par immersion dans la catégorie sécurité et sûreté en mer. Le prix spécial du GICAN est revenu à OceanWings pour son système de propulsion vélique, tandis que SEA.AI a reçu une mention spéciale pour Sentry, un dispositif de détection assisté par intelligence artificielle.
Emploi et compétences, la filière en tension
Avec 58 200 emplois recensés et 72 000 attendus à l'horizon 2030, l'industrie maritime fait face à des besoins importants en recrutement. Euromaritime 2026 a consacré sa journée de clôture au Blue Talent Day, destiné aux étudiants, jeunes diplômés, candidats à la reconversion et demandeurs d'emploi.
Chaudronniers, soudeurs, électriciens, ingénieurs et profils liés à la data figurent parmi les métiers les plus recherchés. Des acteurs du recrutement et de la formation, dont le CINav, La Touline, Leadership et Expectra Naval, étaient présents pour faciliter les mises en relation et informer sur les parcours possibles.
Une édition en progression
Avec 5 791 visiteurs professionnels, en hausse de 11 %, 30 % de visiteurs internationaux représentant 70 nationalités et plus de 1 500 rendez vous BtoB organisés, Euromaritime 2026 affiche des indicateurs en progression.
Pour la filière, cette édition confirme une dynamique de fond. La décarbonation, la souveraineté industrielle et la structuration des compétences ne sont plus de simples intentions. Elles s'inscrivent désormais dans des trajectoires industrielles, portées par des choix politiques, des dispositifs de financement et des projets concrets présentés sur le salon.








